BONNES PRATIQUES DU PROGRAMME ACPCULTURES+: AFRICADOC PRODUCTION

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BONNES PRATIQUES du programme acpcultures+: AFRICADOC PRODUCTION

De Saint-Louis à Tamatave, un programme de formations et d’accompagnement de producteurs de films documentaires de création africains

Tënk est un mot wolof qui veut dire « résumé », équivalent du « pitch » pratiqué dans le cinéma : des réalisateurs africains présentent leur projet de film, accompagnés de leur producteur africain et du formateur qui les a suivis durant leur résidence d’écriture. Le Tënk était au cœur du projet Africadoc Production, mis en place par Ardèche Images, en association avec Endémika Films (Madagascar), Dakar Images (Sénégal), Les Films de l’Atelier (Sénégal) et Lumière du Monde (France).

Une première activité du projet a consisté à réaliser de formations pour des professionnels de la production. De février 2014 à décembre 2016, Ardèche Images et ses partenaires sénégalais et malgaches ont préparé et organisé 6 sessions de formation de 5 semaines chacune, à destination de jeunes producteurs d’Afrique de l’Ouest, centrale et de l’Est. Ces sessions de formation se sont tenues chaque année en avril – mai à Tamatave (Madagascar), et en novembre – décembre à Saint-Louis (Sénégal), et ont également bénéficié aux auteurs des projets de films destinés à être produits par les producteurs en formation.

« L’impact des formations et visible. Les producteurs formés sont désormais à même de développer d’autres projets en parallèle. Ainsi, une production plus constante de films documentaires de création devrait petit à petit voir le jour. Les films se faisant de manière plus régulière, il en découle de fait le développement d’un tissu durable de techniciens (son, image, montage) du documentaire en Afrique de l’Ouest, centrale et de l’Est. Outre à cet aspect de développement des capacités et de réseautage, nous avons eu des cas concret de création d’entreprises, comme le aux Comores et au Mali, où deux producteurs ont créé leur société de production à l’issue de la formation », explique Dominique Olier, la coordinatrice du projet.

Chaque session de formation a débuté 4 semaines avant l’une des « Rencontres Tënk de coproduction » de Tamatave (Madagascar), puis de Saint-Louis (Sénégal). Ces rencontres ont permis aux auteurs, accompagnés par les producteurs en formation, de présenter leur projet de films documentaires devant un panel de professionnels (producteurs, diffuseurs, institutionnels) africains et européens.

« Les résultats et l’impact de ces rencontres vont au-delà de nos espérances », souligne Dominique Olier. Sur les 18 projets qui ont été présentés aux Rencontres Tënk de coproduction de Tamatave, 16 ont trouvé un couple de coproducteurs, dont 12 ont également un diffuseur. Sur ces 16 projets 5 projets sont en coproduction avec des stagiaires de la formation Africadoc Production, sur un total de 6 stagiaires en formation. Quatre de ces projets ont obtenu un accord de coproduction de la part de l’une des télévisions partenaires (TV Fil 78, TV Rennes ou Réunion Première).

Sur les 21 projets qui ont été présentés aux Rencontres Tënk de coproduction de Saint-Louis, 14 projets sont maintenant en coproduction, dont 9 projets de films documentaires avec des stagiaires de la formation Africadoc Production, sur un total de 11 stagiaires en formation. Six accords de coproduction ont été élaborés avec 8 producteurs en formations.

La deuxième activité a consisté dans la mise en place d’une pépinière d’entreprises de production audiovisuelle à Saint-Louis du Sénégal. Après un long travail de recherche de locaux adaptés à Saint-Louis, la préparation de l’ouverture s’est déroulée de septembre à décembre 2016. De janvier à avril 2017, la pépinière a progressivement accueilli les 5 structures bénéficiaires.

Cette structure collective a pour mission d'accompagner tous les ans six sociétés de production en création et/ou en professionnalisation. Les jeunes producteurs pourront ainsi développer les projets de films sur lesquels ils ont travaillé en formation et/ou qu’ils ont présentés aux Rencontres Tënk de coproduction de Saint-Louis. Une place sera également réservée pour une structure associative sénégalaise impliquée dans la production audiovisuelle, la sensibilisation à l’image et/ou la diffusion du cinéma documentaire.

Pour des raisons de budget et de cohérence artistique et intellectuelle, le choix du lieu s’est porté sur « Le Château », un espace de recherche, de formation et de résidence pluridisciplinaire, ainsi qu’un lieu de diffusion avec une programmation ouverte au débat interculturel et inter-artistique. La Compagnie de danse contemporaine Diagn’Art, gère ce pôle culturel.

« À l’origine, nous avions imaginé qu’un professionnel sénégalais de la production serait en charge de la coordination et de l’administration de la pépinière pour accompagner les jeunes producteurs », explique Dominique Olier. « Malheureusement, parmi les personnes pressenties, aucune n’était suffisamment disponible à Saint-Louis pour assurer cette fonction de coordination. Finalement, au vu de l’expérience de l’équipe de Diagn’Art en gestion de projets culturels, nous avons décidé de confier la partie accompagnement administratif à un membre de leur équipe : Maguette Dieye ».

Sur le plan plus spécifique de l’accompagnement pédagogique à la production audiovisuelle, la cohabitation, au sein de la pépinière de St-Louis, de producteurs plus expérimentés avec de jeunes producteurs va permettre une sorte de compagnonnage entre les sociétés de production.

Enfin, l’existence de l’option « Production » au sein du Master 2 « Documentaire de création » de l’Université Gaston Berger conduit à la venue régulière à Saint-Louis de formateurs en production audiovisuelle. Ces derniers assureront un contact régulier entre la pépinière et les associations Ardèche Images/Docmonde6. Ces interventions extérieures seront des opportunités d’échanges professionnels personnalisés avec les producteurs de la pépinière.

Pour terminer, le projet a permis la publication d’un répertoire professionnel. Après compilation de l’ensemble des données sur 3 ans, la publication du répertoire de producteurs s’est faite en février 2017. Ce répertoire a notamment été présenté et distribué lors de la conférence de presse de bilan du projet Africadoc Production qui s’est tenue pendant le FESPACO le 2 mars 2017 (Ouagadougou, Burkina Faso).

Ce répertoire est un outil qui rassemble des données sur l’ensemble des 47 producteurs du programme de formation et sur des producteurs plus expérimentés. Il permet de réunir et rendre plus accessible le réseau des producteurs indépendants de films documentaires de création.

 

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30 novembre 2017
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