BONNES PRATIQUES DU PROGRAMME ACPCULTURES+: AFRIQUE EN DOC TV

BONNES PRATIQUES du programme acpcultures+: AFRIQUE EN DOC TV

Un catalogue de films documentaires, une plateforme de téléchargement, des rencontres régulières avec les chaînes africaines pour une meilleure circulation du documentaire africain

 

Afrique en Doc TV a été conçu comme une plateforme internet de distribution de films documentaires africains à destination des télévisions africaines. Pour atteindre cet objectif, un catalogue d'environ 60 films a été constitué chaque année, des rencontres régulières avec les diffuseurs ont été organisées ainsi que l'accompagnement des partenaires sur le terrain afin de pérenniser les emplois de la filière distribution.

L’action s’est déroulée durant trois années dans une dizaine de pays de l’Afrique de l’Ouest, Centrale et de l’Océan Indien. « Chaque année nous avons constitué un nouveau catalogue de films, rencontré de nouvelles télévisions, renforcé le lien avec les autres diffuseurs, adapté notre stratégie face aux annonceurs potentiels et aux télévisions », explique la coordinatrice du projet, Chantal Tran. « Ce qui nous semble important de souligner c’est que nous portions un projet de taille, novateur, aux enjeux culturels, politiques et économiques forts. En effet, nous défendions et proposions un marché pour le documentaire d’auteur africain, alors que les télévisions diffusent principalement des programmes étrangers, peu ou pas de documentaire et n’ont pas de politique d’acquisition en ce qui concerne le documentaire. Nous avons su proposer un modèle économique adapté à chaque télévision, prouvé la nécessité du documentaire d’auteur africain en Afrique, exister dans les marchés du film auprès des plus gros distributeurs. Nous avons pendant trois années su faire preuve de réactivité et d’adaptation face à nos différents interlocuteurs », explique-t-elle.

La première année a été consacrée à la création de la plateforme, à la mise en place du premier catalogue de films, au lancement de la stratégie auprès des télévisions et des annonceurs mais aussi au plan de communication dans les marchés du film.

La seconde année les partenaires ont réadapté leurs stratégies face aux diffuseurs et annonceurs. « Nous avons compris que les annonceurs étaient des partenaires incontournables pour faire avancer le projet », rappelle Chantal Tran. « Nous avons aussi établi le second catalogue de films ».

Les points positifs

Après trois ans de mise en œuvre, il est possible d’affirmer que les partenaires du projet ont pu élargir leur réseau dans le champ de l’audiovisuel africain et acquérir des compétences dans le domaine de la vente des films, de la négociation et des stratégies de vente pour le marché audiovisuel africain.

Le groupe cible (les télévisions) ont pu prendre conscience de la nécessité de diffuser des programmes africains exigeants, des documentaires de création africains. Ils ont saisi aussi la nécessité de dégager une économie pour les ayants droit et donc d’acheter ces films.

Le projet a pu être utile aux producteurs indépendants africains en leur ouvrant d’autres perspectives de diffusion, de partenariat, d’acquisition de droits.

Un constant mitigé

Le résultat principal du projet était de vendre plus de films documentaires aux télévisions africaines. « Nous pouvons dire que nous avons atteint partiellement notre résultat », souligné Charlotte Tran. « En effet, durant les trois années de mise en œuvre du projet, nous avons vendu environ 50 films entre Télésud, Kolo TV, et Beach Culture. Nous avons pu reconnaitre le réel engouement par les diffuseurs et les producteurs quant à la nécessité de la présence du documentaire d’auteur africain au sein des chaînes de télévision. Mais selon les pays, nous avons subi les problématiques économiques, voire politiques des diffuseurs qui les ont empêchés de se positionner de manière pérenne et concrète, de passer à l’acte d’achat. Outre les engagements économiques, il était aussi question de nouveauté, de programmes exigeants. Nous demandions donc aux diffuseurs d’être eux aussi des pionniers, de proposer un nouveau programme aux enjeux culturels, citoyens, politiques, environnementaux, d’éducation… Et les diffuseurs n’étaient pas toujours prêts à « bousculer » les habitudes télévisuelles, à prendre des risques bien qu’ayant conscience de la richesse et des enjeux d’un tel programme. Aucune chaîne ne voulait être la première à se « lancer », chacune attendant que l’autre le fasse, malgré nos nombreux relais de terrain qui œuvraient en ce sens. Ainsi notre principal ennemi à était le temps, trois ans nous a permis d’impulser une démarche, mais nous pensons qu’il aurait fallu quelques années de plus pour que les diffuseurs jouent le jeu de la nouveauté, de l’engagement exigent et ainsi créent une véritable place au sein de leur chaîne pour le documentaire d’auteur africain ».

Le catalogue annuel de films documentaires de création africain

Le projet a permis la constitution d’un nouveau catalogue tous les ans. En 2016 le catalogue comptait 108 films. Le catalogue est une réelle référence en termes de documentaire d’auteurs africains, le seul aussi complet et proposant autant de films, sur autant de pays d’Afrique.

« Notre action de par sa nature visait différentes formes de diversité culturelle, émancipation des populations, valorisations de la production audiovisuelle locale. Par essence le documentaire d’auteur défend la place de l’Homme, la citoyenneté, l’écologie… Œuvrer à une plus grande visibilité de ces films contribue à l’émancipation des populations, à une ouverture au monde, à l’autre », souligne Chantal Tran.

La plateforme internet de consultation et de téléchargement à destination des télévisions africaines

Dès la première année le projet permis la création de la plateforme web Afrique en Doc TV. http://www.afriquendoc.tv/.

Cette plateforme a pour objectif de présenter le catalogue de films sous forme thématique, forme appréciée des diffuseurs. Grâce à cette plateforme, les responsables des chaînes ont pu à la fois visionner des extraits de films et procéder à l’acquisition le cas échéant. Ils pouvaient télécharger les films directement quand leur connexion internet le leur permettait.

20 décembre 2017
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