BONNES PRATIQUES DU PROGRAMME ACPCULTURES+: LAMB

Printer Friendly and PDF

BONNES PRATIQUES DU PROGRAMME ACPCULTURES+ : LAMB

Booster l’industrie cinématographique éthiopienne

Le long métrage « Lamb » est réalisé par le cinéaste éthiopien Yared Zeleké. Il raconte l’histoire d’un jeune garçon qui se prend d’affection pour une brebis après la mort de sa mère. Le film a été entièrement tourné en Ethiopie, avec des acteurs du pays et une équipe technique majoritairement locale. L’Action contribuera à renforcer l’industrie du cinéma et les compétences des professionnels de ce domaine en Ethiopie.

Le film a été présenté au Festival de Cannes en 2015, en compétition officielle à la sélection "Un certain regard".

L'Éthiopie n'est pas un pays connu pour sa scène cinématographique en plein essor. Même la capitale, Addis-Abeba, ne compte que 20 cinémas. Ce n'est pas non plus un endroit facile pour faire un film, mais cela n'a pas empêché Yared Zeleke. "Le cinéma est difficile peu importe où vous êtes, mais dans un endroit comme l'Ethiopie, ce qui est difficile devient presque impossible", admet Zeleke. "Il y a tellement de difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes cinéastes d'Ethiopie aujourd'hui. Il n'existe pas de systèmes de soutien adéquats dans le pays. Le film n'aurait pas pu être produit sans ACPCultures+. Lamb a ouvert les esprits et les cœurs de tous les Éthiopiens pour créer de véritables histoires et nourrir le cinéma national. Comme le film a été sélectionné à Cannes et a voyagé dans plus de 120 festivals, les autorités locales sont maintenant conscientes que l'industrie cinématographique peut contribuer au développement du pays à de promouvoir l'Éthiopie dans le monde" ajoute-t-il.

Le film dévoile un petit coin de paradis dans la Corne de l'Afrique. L'image de l'Ethiopie a été ternie et le pays est tristement enraciné dans la mémoire collective du monde en rapport avec la famine. "Lamb parle du pays délicatement et subtilement –en évitant les clichés- afin de permettre une compréhension nuancée de ses complexités et contradictions. Ce n'est pas du tout de la misère. La vie peut être une lutte, mais elle est aussi remplie d'amour, de rire et d'humour, comme partout ailleurs", explique le coproducteur ghanéen Ama Ampadu.

"Ce film est une étape importante pour construire un secteur cinématographique et audiovisuel solide en Éthiopie. J'ai mis en place une société en Ethiopie principalement pour travailler sur le film de Yared mais aussi pour travailler avec les jeunes locaux. Nous avons impliqué dès le début des jeunes professionnels: acteurs, techniciens et producteurs de ligne. Je dirais que l'Ethiopie est sur le point d'être prête à attirer l'attention de plus de producteurs internationaux. Les autorités éthiopiennes ont pris conscience de l'importance du secteur audiovisuel pour le pays. Le ministère de la Culture a compris l'importance du fait que les images montrées par un film peuvent promouvoir la culture éthiopienne à grande échelle. Les autorités seront enthousiastes pour financer et aider la production de nouveaux films", explique Ama.

Le film a remporté plusieurs prix depuis son avant-première au Festival de Cannes en 2015: Meilleur Film au Festival du Film de Milan, Meilleur Film au Festival du Film Africain de Vérone, Meilleur Film étranger au Festival du Film de Key West en 2016, en plus d’être présenté à des festivals de catégorie A dans le monde entier: Karlovy Vary, Busan, BFI Londres, Toronto, Sao Paulo, Mumbai, Rotterdam, Göteborg, Pékin, International Images Film Festival for Women au Zimbawe, FESPACO, Carthage et bien d'autres.

La présence à Cannes a été capitale pour le succès du film. Les producteurs et l'agent de vente, Film Distribution, ont organisé deux projections du film pour le présenter à des acheteurs potentiels. Les deux jeunes acteurs protagonistes du film sont venus à Cannes et ils ont participé avec le réalisateur à toute la présentation promotionnelle: photocalls, interviews presse. C’était leur première fois qu'ils étaient en dehors de l'Ethiopie.

Enfin, Lamb a été vendu et publié dans plus de 50 pays. En France, le film a attiré plus de 30.000 spectateurs et a été distribué dans près de 100 cinémas.

Education

Lamb a été repris par le Ministère de l'Education Nationale dans son programme "College et cinema". Dans ce cadre, le film sera présenté aux élèves français avec un dossier pédagogique sur l'Ethiopie.

Le film, dans son dispositif de fiction, intègre plusieurs des problématiques soulevées dans cette question. C’est une de ses principales caractéristiques :

  • La question de l’égalité des sexes et de l’accès des femmes à l’éducation est identifiée par le rôle principal féminin, Tsion, qui partira finalement de sa famille pour aller à l’Université d’Addis Abeba. Elle souhaite étudier les questions du développement.
  • La question des droits des enfants est bien sûr au cœur du film à travers le destin de son personnage principal, Ephraim, confié par son père à des parents éloignés et en mal d’adaptation dans cette nouvelle famille.
  • La préservation de l’environnement, la question de la sécheresse et de la famine sont des problématiques quotidiennes de cette famille de paysans qui ont du mal à cultiver leur terre et sont confrontés à la maladie de leur petite fille qui souffre de malnutrition.

Resultats

L'impact sur le pays est énorme. Au fil du tournage, des centaines de jeunes acteurs ont été formés lors des ateliers d'animation. Un acteur éthiopien âgé de 28 ans vivant à Londres et travaillant pour l'Académie royale d'art dramatique (RADA), Beru Tessema, a formé les acteurs éthiopiens pendant 7 semaines.

En outre, les producteurs ont formé des techniciens de lumière et du son, des assistants de production, des costumiers et des producteurs de ligne, tous venant d'Éthiopie. "Nous avons travaillé avec un minimum de techniciens européens (9 lors du tournage)", déclare Laurent Lavolé, coproducteur français. "Chaque technicien européen a assuré un rôle de formation en collaboration avec le personnel éthiopien. Nous avons choisi de doubler plusieurs postes clés, de sorte que les responsabilités puissent être partagées entre les techniciens européens et locaux : directeur adjoint, décoration et costumes. Tous ces professionnels savent maintenant comment gérer un long métrage international ".

"Nous avons contribué à la croissance de l'économie éthiopienne en dépensant près de 600.000 € dans le pays, non seulement pour les acteurs et les techniciens, mais aussi sur les hôtels, les voyages et la restauration", poursuit Lavolé. "C'est aussi la première fois qu'un film reçoit le parrainage d'Ethiopia Airlines. Tous les billets internationaux et locaux pour la distribution étaient gratuits. Nous n'avons pas non plus payé le transport du matériel en Europe et à l'intérieur du pays. Nous n'aurions probablement pas pu livrer le film à temps sans ce soutien généreux ».

"Le film a littéralement changé la vie des dizaines de personnes qui ont participé à sa réalisation", ajoute Yared Zeleké.

L'une des plus récentes conséquences a été la découverte de la jeune actrice Kidist Siyum, âgée de 18 ans, qui a joué Tsion dans Lamb. Avant cela, Kidist n'avait jamais joué ou été devant une caméra. Sa performance remarquable dans le film lui a permis de décrocher un rôle dans la nouvelle production suisse Fortuna, long métrage de fiction dirigé par Germinal Roux, et produit par Ruth Waldburger, l'un des principaux producteurs suisses.

Making Off du film

Plus de bonnes pratiques ICI

14 décembre 2016
© copyright 2012 : ECO3 S.P.R.L. - webmaster@acpculturesplus.eu