L’ÉTOFFE DES SONGES : REDÉCOUVRIR LE TISSU TRADITIONNEL MALIEN

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13 avril 2017

L’Étoffe des songes : redécouvrez le tissu traditionnel malien

Art Africa s’est entretenu avec l’artiste visuel malien Abdoulaye Konaté, l’un des plus grands artistes de l’art contemporain. Il redécouvre et se réapproprie le tissu pour créer ses œuvres. Il compose son œuvre à l’aide de bandes de bazin (tissu traditionnel malien) mises bout à bout ou en superposition, qui finissent par donner un véritable chef-d’œuvre situé à la frontière de la peinture, de la sculpture et de l’installation plastique.

Du 16 mars au 16 avril, La Galerie 38 présente pour la première fois à Casablanca (Maroc) une exposition unique de ses nouvelles œuvres. Il entre en communication avec les étoffes traditionnelles du Maroc et les artisans de Fez pour créer des pièces uniques.

Une autre exposition de ses œuvres est actuellement également organisée à la Fondation CDG de Rabat du 28 mars au 30 avril et s’inscrit dans l’ensemble des événements prévus dans le cadre d’ʺAfrique en Capitaleʺ placé sous le patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

 

Vos œuvres prennent la forme d’installations plastiques faites de tissu afin d’examiner les problèmes sociopolitiques et environnementaux de votre patrie, le Mali. Vous choisissez vos matériaux en fonction du problème que vous souhaitez aborder ?

Les étoffes m’offrent un moyen de m’exprimer artistiquement, sans aucune limite. Je choisis des thèmes qui concernent le Mali, bien entendu, mais l’essence même de mon art ne s’adresse pas spécifiquement aux Maliens ou aux Africains, mais plutôt à l’ensemble des êtres humains, quel que soit leur pays d’origine, leur milieu social ou culturel.

À l’origine, vous êtes peintre ; pourquoi avoir décidé de passer de la peinture à l’installation d’œuvres en tissu ?

Dans les années 1990, j’ai commencé à utiliser les étoffes dans le cadre de travaux quotidiens et d’expériences, puis je me suis lancé dans les installations. J’aimerais préciser que j’utilise les tissus de la même façon que j’utiliserais de la peinture ou tout autre médium artistique.

Votre nouvelle exposition, ʺLes étoffes des songesʺ, organisée à La Galerie 38 de Casablanca semble créer une interaction entre les tissus marocains et les artisans de Fez. Qu’espérez-vous accomplir avec ce dialogue ? De quelle façon vos œuvres le montrent-elles ?

J’avais déjà essayé cela au Dakar avec AISSA DIONNE et en Suède pendant un atelier studio de quelques jours que j’ai dirigé. Le Maroc a de la chance d’avoir des artisans aussi talentueux à Fez et je ne pouvais décidément pas passer à côté de cette collaboration. La Galerie 38 avait aussi choisi de travailler avec les artisans marocains, ce dont je les remercie profondément.

Pourquoi avoir fait des étoffes le médium de votre art ? Et comment comptez-vous découvrir et vous approprier les tissus marocains et maliens pour créer une nouvelle œuvre ?

J’utilise le tissu comme j’utiliserais de la peinture ou un matériau en 3 D. Mes choix ne diffèrent pas des vôtres lorsque vous choisissez le tissu pour votre prochain costume. Je laisse au spectateur le soin de juger à quel degré d’appropriation et d’intégration se situent les deux tissus.

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