LAB SUR LA CULTURE, LA JEUNESSE ET L'ENTREPRISE

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LAB SUR LA CULTURE, LA JEUNESSE ET L'ENTREPRISE

European Development Days, 8 juin 2017

La culture est importante pour la cohésion sociale. Elle est considérée comme un outil qui, même dans des situations complexes, peut unir les gens et les pays

 

Trente millions de personnes travaillent actuellement dans les industries culturelles et créatives à l'échelle mondiale. Ces secteurs offrent un avantage concurrentiel et peuvent contribuer au développement durable. La culture est importante pour la cohésion sociale. Elle est considérée comme un outil qui, même dans des situations complexes, peut unir les gens et même les pays.

Le panel s'est concentré sur la façon dont la culture peut stimuler le développement économique des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Il a souligné un certain nombre de projets culturels inspirants impliquant des jeunes dans toute la région, tous les projets ayant les spécificités suivantes: soutien à la diversité culturelle, prise en compte de l'innovation et création de ponts entre artistes et pays.

Léonard Emile Ognimba, Sous-secrétaire général du Secrétariat ACP, a commencé les présentations en soulignant les résultats du programme ACPCultures+. «En tant que politiciens, nous devons mesurer les besoins et les attentes des jeunes et des opérateurs et encourager l'esprit d'entreprise et l'innovation», at-il commenté.

Aida Liha Matejicek, chef de l'unité de la DG pour la coopération internationale et le développement (DEVCO) a souligné l'importance de la qualité du contenu artistique et culturel. «La technologie numérique offre un nouveau chemin d'exportation et de promotion. Le programme financé par l'UE ACPCultures+ a prouvé que, avec un contenu de qualité, il est possible d'atteindre un nouveau marché et de concurrencer les produits occidentaux », a-t-elle déclaré. « La Commission européenne est en train de lancer un nouveau programme de soutien aux projets culturels dans les pays ACP. Nos priorités seront l'innovation et la numérisation, en soutenant le contenu de qualité, les start-up et les PME. Mais notre programme ne peut réussir seul sans un leadership clair au niveau du gouvernement et des administrations nationales », a-t-elle conclu.

Federica Besana, responsable de projet de l'ONG italienne COSV, a présenté le projet "Music Bridges", financé par ACPCultures+, qui s'est déroulé de 2013 à 2014 et a cherché à rassembler des jeunes artistes de divers pays ACP tels que le Mozambique et le Vanuatu. Le projet comprenait des camps de musique pour artistes, créait des réseaux créatifs et offrait une formation pratique. Les artistes ont perfectionné leur métier en interagissant avec les personnes ayant des mentalités similaires et en apprenant d’eux. Ils ont également développé leurs compétences en communication et ont appris à protéger leurs droits d'auteur. « Avec la formation, le coaching et le suivi, les musiciens ont évolué d'amateurs à des artistes professionnels », a déclaré Federica.

Elisabeth Pierre-Louis, directrice de Fokal, a présenté un autre projet financé par ACPCultures+, Littafcar. Basé en Haïti, Fokal est une organisation qui favorise la culture en exécutant divers projets destinés aux jeunes. Littafcar promeut la littérature franco-africaine. Sa plate-forme en ligne continue d'être forte malgré le début du projet en 2015. D'autres projets de Fokal portent sur l'architecture urbaine, les jeux traditionnels, le photojournalisme et la production cinématographique. Elisabeth s'est concentrée sur la participation au projet et la base de l'éducation à la culture et à l'esprit d'entreprise envers les jeunes.

ACPCultures+ a invité Ingrid Kopp à parler d’Electric South, une société de production de réalité virtuelle (VR) basée à Cape Town, en Afrique du Sud, qui a découvert des artistes africains actifs dans la VR. La société a organisé un projet connu sous le nom d'African Futures, qui a entraîné la production de divers films africains en VR. « Avec l'énorme jeune population du continent et les smartphones bon marché, il existe une véritable opportunité pour que les VR brillent à travers l'Afrique », a expliqué Ingrid.

« En dépit de ces excellents projets, il faut plus de soutien pour que ces projets puissent devenir durables, ce qui permet aux artistes de gagner leur vie de leur travail », a commenté Tio Bang, un musicien de Vanuatu invité par ACPCultures+ à interpréter une performance musicale au EDD 2017. Selon d'autres artistes, tels que Makoneny (Mozambique) et Serge Diakota (République démocratique du Congo), l'accès au financement est considéré comme un problème.

Une solution potentielle pourrait être de développer de nouveaux mécanismes de financement pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les créations créatives qui n'ont actuellement aucun espoir d'obtenir des prêts auprès de banques traditionnelles. Le consensus consistait à mettre en place des mécanismes de financement novateurs pour les artistes.

Hardo Kâ, danseur et chorégraphe sénégalais, Edouard Sadio, musicien sénégalais et Sixmond, musicien tanzanien, tous impliqués dans les projets ACPCultures+, et invités pour les Devdays comme Serge Diakota, ont souligné l'importance du rôle de coaching de la structure financée pour influencer positivement leur carrière. « Nous avons besoin d'éducation, de soutien pour accéder aux marchés et à la promotion », a insisté Sixmond.

La Commission européenne a clôturé la session en disant aux participants qu'elle envisageait de simplifier l'accès au financement et travailler avec le secteur créatif et culturel pour apporter des solutions aux problèmes complexes auxquels font face les artistes dans les pays ACP.

12 juin 2017
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