Les mausolées de Tombouctou, inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, sont en train d’être reconstruits suite à leur destruction par des groupes islamistes

Toute la ville de Tombouctou, située au nord du Mali, est classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. La ville a eu un rôle important aux XVe et XVIe siècle, période pendant laquelle elle était la capitale économique, intellectuelle et spirituelle de la région. À son apogée, Tombouctou comportait jusqu’à 180 médersa, ou écoles coraniques, et universités, attirant des milliers d’étudiants des quatre coins du monde musulman.

Malheureusement, durant l’occupation de la ville par les militants islamistes entre avril 2012 et janvier 2013, le cimetière de la cité dite des « 333 saints » a subi des dommages importants qui ont presque entraîné sa complète destruction.

Les mausolées des Saints de Tombouctou sont également une destination de pèlerinage, offrant un lieu où les croyants peuvent rendre hommage aux humanistes, saints érudits et autres dévots défunts de la foi islamique.

En dévastant cet endroit considéré comme sacré par des milliers de musulmans, les militants islamiques ont en tout profané et saccagé 14 des 16 mausolées inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Suite à l’opération militaire française de 2013, les groupes djihadistes ont été expulsés de la ville, ce qui a permis à l’UNESCO, agence spécialisée des Nations Unies pour la culture, d’amorcer les travaux de reconstruction des mausolées en collaboration avec le gouvernement malien et de nombreux autres organismes internationaux.

Le 8 avril dernier, la visite d’une délégation de diplomates africains et occidentaux accrédités de l’UNESCO a lancé les travaux de réhabilitation du mausolée du Cheikh Sidi El Mikki.

L’ingénieur du projet, Mamadou Kone, remarque que les dernières attaques subies par le site ont, en fait, permis à son équipe de comprendre la structure des ruines et de définir un plan de reconstruction. 140 maçons locaux sont employés afin d’user de techniques traditionnelles de construction, en respectant les pratiques originales transmises depuis des millénaires par culture orale. Grâce à cette expertise, les maçons connaissent le secret du matériel nécessaire à la reconstruction, fait de la terre de Tombouctou, de la pierre locale ahlor, de tige de riz et de banco, un mélange de paille et de glaise.

 

En moins d’un mois, trois des quatorze mausolées ont déjà été reconstruits. Leur achèvement est prévu pour le mois de juin, avant la saison des pluies, où les précipitations abondantes menaceraient d’infiltrer les fondations et de les abimer.

05 mai 2015
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