SELLY RABY KANE: AUCUN CONTROLE SUR LE VÉCU DU PUBLIC

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07 mars 2017

SELLY RABY KANE: AUCUN CONTROLE SUR LE VÉCU DU PUBLIC

ACPCultures+ a rencontré Selly Raby Kane à l’Africa Hub, organisé par le marché du film berlinois dans le cadre de la Berlinale. Selly y a dévoilé un projet en réalité virtuelle.

Quel est votre parcours ?

Je suis styliste et je viens de Dakar, au Sénégal. Je présente The Other Dakar, mon premier projet en réalité virtuelle. Je l’ai réalisé dans le cadre d’un programme organisé par le Goethe Institut, Big World Cinema et d’autres organisations chargées de soutenir des projets africains.

Pouvez-vous me parler de The Other Dakar ?

C’est l’histoire d’une petite fille qui découvre le côté invisible de Dakar. C’est un hommage à ma ville, à la culture urbaine et aux légendes de Dakar. Ce film est un moyen de présenter l’aspect mystique de Dakar, qui a une grande incidence sur la ville, mais n’a pas encore été mis en avant à travers des films.

Pour quelles raisons avez-vous fait ce film ?

Tout d’abord parce que je voulais m’exprimer à travers la mode. Ensuite, parce que Dakar est ma ville. La ville est perceptible dans mon travail, je désirais en montrer la partie invisible pour les gens qui n’y vivent pas.

Pourquoi avez-vous décidé de réaliser ce film en réalité virtuelle ?

Ce n’était pas mon choix. La réalité virtuelle faisait partie du programme auquel j’ai participé. Mais elle s’avère être un très beau moyen de raconter une histoire, elle donne accès à un monde et à un contenu que les films traditionnels n’offrent pas. J’ai complètement adopté cette manière de faire, et je m’imagine sans difficulté réaliser d’autres films en réalité virtuelle à l’avenir.

Avez-vous été formée pour réaliser ce film ?

Oui, j’ai déjà réalisé des films auparavant. Mais il y avait également un programme de formation donné par des professionnels sur les jeux vidéo, les films, le travail coopératif et la façon de raconter une histoire.

À votre avis, quelles sont les différences entre une histoire racontée de façon simple et à travers la réalité virtuelle ?

La réalité virtuelle est plus démocratique. Vous n’avez pas le contrôle sur l’expérience que le public va vivre, sur les images qu’il reçoit, ce qui le stimule, quand il tourne la tête et dans quelle direction. D’après moi, il s’agit de la principale différence.

Pensez-vous que la réalité virtuelle a un enjeu commercial en Afrique ?

Je n’y ai pas encore réfléchi, je n’en suis pas encore là. Pour l’instant, j’essaie seulement de voir jusqu’où mon histoire peut aller et comment je peux la raconter de la manière la plus complète possible à travers différents moyens de communication. À l’heure où nous discutons, le modèle commercial est en construction, donc nous verrons les résultats petit à petit. 

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